Anita Conti
- 12 oct. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 avr.
Vous connaissez Anita Conti ? Pionnière de l’océanographie, elle fut la première femme à embarquer pour des expéditions scientifiques. Elle passa sa vie à observer l’océan, les marins et les espèces sous-marines. Ecologiste avant l’heure, elle lança l’alerte sur la surexploitation des ressources marines dès la fin des années 1930.

Anita naît en 1899 dans le Val-d’Oise. L’histoire raconte que son père, médecin hygiéniste, l’aurait plongée, nourrisson, en pleine mer près de Lorient. Ce qui est sûr, c’est qu’elle grandit entre la banlieue parisienne et les côtes bretonnes et développe un lien fort avec l’océan.
En 1914, elle vit sur l’île d’Oléron avec sa famille et se lie d’amitié avec des enfants de pêcheurs. Elle fait ses premières expéditions en mer. Après la Grande Guerre, elle devient relieuse d’art et écrit des articles sur les richesses marines.
L’Office scientifique et technique des pêches maritimes la repère et l’engage comme océanographe. De 1935 à 1939, elle embarque pour des missions sur le premier navire océanographique français et parcourt les mers de Dunkerque au Canada. Sa mission : faire des relevés, de l’échantillonnage, du sondage, rapporter des observations, rédiger des comptes rendus.
Lors de ses missions, elle prend conscience que les ressources marines sont fragiles et épuisables. Dès la fin des années 1930, elle s’inquiète des effets du réchauffement des eaux et de la pêche industrielle sur les ressources halieutiques. Elle dresse les premières cartes de pêche alors qu’on ne disposait que de cartes de navigation et propose de rationaliser certaines pratiques.
Cela ne se fait pas mais Anita écrit pour la presse grand public à partir de ses comptes rendus scientifiques et publie dans La République ou Le Figaro. Contrairement aux marins qui naviguent à la surface, elle s’interroge sur ce qu’il y a sous l’océan. Elle se dit océanologue. Appareil photo et carnet greffés à son bras, elle consigne tout. La photographie est son moyen d’expression pour traduire toute la magie, la poésie, la liberté de l’océan.
Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, ses combats écologiques sont relégués au second plan. Elle s’engage dans la Marine nationale, elle est la première femme à le faire. Elle ne reste pas longtemps : elle quitte l’armée deux ans plus tard pour embarquer sur un chalutier français en partance pour l’Afrique. Elle passe une dizaine d’années en Afrique de l’ouest.
Elle continue sa découverte des mers du monde entier mais, à partir de 50 ans, elle ne part que pour des missions indépendantes. Elle publie une dizaine de livres remarquables décrivant la vie des navires et des espèces mais aucun organisme ne veut l’embaucher. Ses convictions écologiques étant de plus en plus fortes, Anita Conti fait peur.
Ses travaux sont peu à peu oubliés, l’écologie n’étant toujours pas d’actualité au début des années 1990. Elle meurt à Douarnenez à 98 ans avec 60 000 photographies à son actif.
Ses écrits sont redécouverts des années plus tard : ses relevés et ses clichés se révèlent très utiles. Dans ses carnets de notes, on découvre l’autre passion d’Anita : la poésie. Tout au long de sa vie, elle écrit des poèmes sur son amour pour l’océan et la liberté…
Anita Conti, surnommée « la Dame de la mer », a fait de sa vie une aventure rythmée par ses expéditions scientifiques. Pionnière de l'océanographie et écologiste avant l’heure, elle a laissé derrière elle un héritage impressionnant. Elle est la marraine de l'Estran Cité de la mer, un musée consacré à la mer et à la pêche à Dieppe. A Saint-Nazaire et à Lorient, des collèges portent son nom.




Commentaires