Daisy Bates
Vous connaissez Daisy Bates ? Journaliste et directrice de publication, elle fut une des leaders politiques du mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis. Au début des 1940, elle créa « The Arkansas State Press », un journal engagé contre la ségrégation raciale, pour la promotion des personnes noires et des droits humains.

Daisy naît en 1914 à Hutting, une petite ville dans le sud de l’Arkansas. Après la disparition de son père et l’assassinat de sa mère par trois hommes blancs qui ne paieront jamais pour ce crime, elle est adoptée par un couple d’ami·es de la famille, Orlee et Susan Smith.
Au début des années 1940, elle s’installe à Little Rock, toujours en Arkansas, avec son mari Lucious Christopher Bates. Dès son arrivée, elle rejoint la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), organisation de défense des droits civiques des personnes africaines-américaines. En 1943, elle crée avec son mari le journal « The Arkansas State Press », un hebdomadaire engagé pour les droits civiques dans un état de la Cotton Belt.
Elle critique ouvertement les lois ségrégationnistes en vigueur dans les états du Sud (voir aussi Claudette Colvin) et utilise son journal pour appeler à l’amélioration des conditions de vie des Noir·es en Arkansas.
Farouche militante et présidente de la NAACP en Arkansas depuis 1952, elle joue un rôle clé dans la mise en œuvre de la décision de la Cour suprême de 1954 qui interdit la ségrégation raciale dans les écoles publiques (Brown v. Board of Education). En 1957, 9 élèves noir·es se portent volontaires pour faire leur rentrée au lycée de Little Rock, Central High (voir aussi Ruby Bridges). Le gouverneur de l’Arkansas, Orval Faubus, prétend les en empêcher et ordonne à la garde nationale de leur en interdire l’accès. La violence des Blanc·hes devant l’établissement est inouïe. Daisy Bates mène la lutte pour l’intégration de ces élèves et l’application de la loi. Avec des membres de la NAACP, elle accompagne et protège « les 9 de Little Rock » dont l’intégrité physique est mise en danger. La sienne aussi. Dans un télégramme du 26 septembre 1957, Martin Luther King exhorte Daisy à « rester rigoureusement non-violente » malgré les menaces et les pierres de « ces foules sans pitié ». Il lui assure que « l’opinion mondiale est avec elle ». Face à cette crise nationale, le président Eisenhower fédéralise la garde nationale dont le rôle sera désormais de protéger ces élèves. Suite à cette affaire, son journal perd de nombreux revenus publicitaires et cesse de paraître en 1959.
Au début des années 1960, Daisy s’installe à New York où elle écrit ses mémoires, The Long Shadow of Little Rock (L’ombre de Little Rock), puis à Washington où elle travaille pour le parti démocrate.
Devenue proche de Martin Luther King, Daisy Bates est l’une des 6 femmes invitées officiellement à participer à la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté du 28 août 1963, aux côtés de Rosa Parks, Diane Nash Bevel, Myrlie Evers-Williams, Gloria Richardson et Prince Estella Melson Lee. Elle est la seule à avoir un temps de prise de parole.
*source : The Martin Luther King Jr. Reasearch and Education Institute (Stanford University)




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